lundi 18 mai 2009

Le Calvaire des riverains (suite)


Photo prise par les riverains. Juste après le "nettoyage"...

Arbres en détresse dans le quartier Zac Océan




Photos prises par des riverains. Sans commentaires.

dimanche 17 mai 2009

ZAC OCEAN : LE CALVAIRE DES RIVERAINS





Depuis plusieurs années, les riverains, d’abord sous l’ère Victoria et maintenant depuis 14 mois sous le mandat de Gilbert Annette, vivent un véritable cauchemar. Murs lépreux, immeubles abandonnés, terrains vagues, habitations délabrées, vastes espaces poussiéreux par temps sec, boueux lorsqu’il pleut, zones envahies de hautes herbes, saletés, dépôts sauvages, détritus partout, égouts fétides, rats, nuisances olfactives, les murs étant transformés en urinoirs, sonores avec des voitures qui stationnent n’importe où, mais aussi avec des manèges, des attractions populaires et de plus en plus de délinquance avec son lot de trafics et d’agressions, voilà ce que connaissent les habitants notamment rue des Limites et rue de l’Est.
Depuis des années les riverains écrivent aux maires successifs mais rien n’y fait. Dernièrement la mairie a envoyé des équipes pour « nettoyer » un des espaces « libérés » par les destructions et envahis par la végétation et les ordures. Hélas, les agents de la Ville ont passé des engins, ont arrachés les plants de brèdes mourongues et les papayers dont se servaient les habitants du quartier pour faire la cuisine mais ils se sont contentés de retourner la terre sans la dépolluer, la retourner telle quelle avec les débris de verres, de plastic et les divers déchets.
J’ai rencontré certains de ces riverains et décidé de leur venir en aide car, je l’ai déjà écrit (ici), ce quartier déshérité risque de rester pendant plusieurs années dans cet état, les prochaines élections municipales n'ayant pas lieu avant cinq ans.



dimanche 22 mars 2009

Debout dans la lumière (Alain Lorraine)








Mon vie la toujours été noir

Mon peau la toujours été noir

Mais mi veux mort dans mon case

Gros blanc la venu ce matin

La di à moin quitt’ son terrain

La di à moin prend mon chemin

La crie à moin fait mon paquet

Mon vie la toujours été noir

Mais ma mort dan mon case

Grand blanc zordi y dit ça

Mais lu la du oublié

Quand sous gros soleil mi travaillais

Quand sous gros chagrin mi charroyais

Pour donne la graisse son gros ventre

Mon vie la toujours été noir

Mais ma mort dans mon case

Gros blanc la fait ventard

La traite à moin bâtard

La traite à moin z’esclave

La brûle dehors mon case

La tire gendarme dans jeep

Mon peau la toujours été noir

Ma vie la toujours été noir

Mais ma mort dans mon case

Na point si longtemps

Gros blanc la pêche mon manman

Gros blanc la pêche mon papa

Un corde dan’cou zoiseau

Dan’ grand ravine l’Afrique

Coméla mi fin’ vie’

Mon tête y commence tourné

Ame purgatoire y tombe dans la mer

Mon âme y monte dans les airs

Gran’ condamné la chappé

Simandef y rode pas loin

Créole lé malheureux

Chien gendarme y commence aboyer.

Mi fini être vieux

Mais mi jure à té mon enfant

Ce soir ma lève debout

Ma lève debout dans la lumière

Ma lève debout sous la colère

Mon vie la toujours été noir

Mon peau la toujours été noir

Mais ma vive dans mon case.

samedi 14 mars 2009

COSPAR


























Le Cospar m'a tellement occupé que j'ai interrompu ce blog un mois exactement. Il reprend ce jour, je vais essayer de combler le retard accumulé. Deux photos d'actions coup de poings.

samedi 14 février 2009

Eric « Magamootoutou »? A la niche (fiscale) !

Eric Magamootoo prétend faire la leçon aux syndicats de salariés : apprenant la mise en place d’un collectif intersyndical et politique contre la vie chère, à l’instar de ce qui se passe aux Antilles, le Président de la Chambre de Commerce se répand dans les médias pour dénoncer cette initiative : "ce n’est pas dans la rue que l’on règle les problèmes". C’est pourtant le même Magamootoo qui paradait avec le gratin du patronat local devant la Préfecture en octobre dernier pour exiger le maintien de la défiscalisation et pour rejeter les conclusions des rapports officiels qui assimilent certains dispositifs de défiscalisation outremer à des « niches fiscales ». Ce qui vaut désormais au Président de la CCIR, le surnom moqueur de « Magamootoutou ». La photo des ces étranges manifestants parue dans la presse a au moins eu un mérite, elle a fait rire toute La Réunion, et effectivement voir MM. Magamootoo, Caillé et Cérisola s’époumoner à crier « Tous ensemble ! Tous ensemble ! », était un spectacle plutôt comique.
Mais le fait que M. Magamootoo soit le Président de la CCIR ne l’autorise pas à se faire le porte voix officieux du patronat et notamment du MEDEF.....sauf à vouloir à tout prix mériter son surnom.

samedi 7 février 2009

Magamootoo sur Radio Festival : j'y ai rien compris!


Interview vendredi matin (6 février) de Eric Magamootoo sur Radio Festival. Le journaliste, un Jean-Pierre Germain en grande forme, veut connaître l'avis du Président de la CCIR sur les mesures annoncées par Nicolas Sarkozy la veille. J'ai eu beau écouté attentivement la réponse du Président de la Chambre Consulaire, je n'ai rien compris : c'était un pur chef d'oeuvre de langue de bois où tout le talent du personnage consistait à parler pour surtout ne rien dire! Notamment lorsque Jean-Pierre Germain lui demandait ce qu'il pensait de la suppression de la taxe profesionnelle, Magamootoo se perdait dans une suite de phrases dépourvues de signification. En gros, on comprenait quand même qu'il approuvait les mesures annoncées par le Président de la République mais avec ce curieux sentiment que, soit il n'avait pas réellement suivi l'interview du Président, soit il n'en avait pas retenu grand chose. Car il est surprenant que sur la supression de la TP par exemple, il n'ait rien trouvé à dire dans la mesure où celle-ci permet le financment de la Chambre dont il est le Président...Selon Bercy, les chambres consulaires récupèrent 1 milliard d'euros et les collectivités 22 milliards d'euros. C'est d'ailleurs pourquoi Jacques Pelissard, maire UMP de Lons-le-Saunier et président de l'Association des maires de France a réagi rapidement : "Il est impératif de trouver une recette de substitution qui respecte notre autonomie fiscale". Interrogé sur d'éventuelles compensations, le président de la République avait évoqué "des possibilités autour de la taxe carbone". "Insuffisant, répond Jacques Pelissard. On ne trouvera pas un substitut sans une réforme d'ensemble et le maintien d'un lien fiscal avec le territoire." Voir Le Monde
Et bien, le Président de la CCIR, lui, il est satisfait, il ne pose pas la question de savoir comment son institution va faire si elle perd cette manne financière.
Alors, une ou deux questions se posent : le Président Magamootoo avait-il réellement écouté l'interview du Président de la République? Si, oui, avait-il tout compris?

lundi 26 janvier 2009

Décharges Saint-Denis (suite)




26 janvier 2009

Décharges sauvages dans Saint-Denis



26 janvier 2009, entre Camélias et Providence.

vendredi 16 janvier 2009

Retour




Me voilà revenu de mes pérégrinations malaises, ma mission achevée. Je vais donc reprendre l'écriture de ce blog consacré notamment à Saint-Denis.

mercredi 17 décembre 2008

Absence du 22/12 au 14/01


Après avoir mis en échec la stratégie de commmunication de la mairie de Saint-Denis pour son pseudo Vélib', une nouvelle mission, beaucoup plus périlleuse, m'a été confiée par mes Chefs : démanteler une filière internationale d'agro carburants en Malaisie. Je serai donc absent du 22/12 au 14 janvier 2009.

vendredi 12 décembre 2008

L'écolo "m'as-tu-vu"

Parmi les écologistes, on trouve de tout, depuis le militant sincère et compétent à l'écolo m'as-tu-vu qui sait tout sur tout, celui qui "a la grosse tête", espèce hélas encore très répandue. Dans cette dernière catégorie, j'en ai trouvé un qui n'est pas mal : il trouve que ma critique (voir plus loin article "Faux vélib'" publié le 10 décembre) du pseudo Vélib' dionysien est trop négative. Selon lui, je serai trop critique, pas assez positif, les Dionysiens pourraient confondre la critique du faux Vélib' avec la critique du vélo, je risque même de casser l'avenir du vélo à Saint-Denis. Bigre! Aurais-je dans mon élan mis en péril l'avenir de la bicyclette dans ma ville ? Aurais-je ruiné ou hypothéqué les chances de voir un jour le chef lieu devenir respectueux du développement durable? Cet "écolo" abstrait, ignorant de la réalité sociale locale, semble croire que les Dionysiens sont incapables de comprendre le sens d'une critique.
Est-ce moi qui fait peser une menace sur la pratique du vélo ou bien les élus qui se succèdent dans le chef lieu mais se refusent à mettre en place une politique du vélo parce qu'ils sont archaïques dans leur vision d'un nouvel urbanisme ?
Je ne crois pas comme ce M. "Je sais-tout" que les réunionnais sont incapables de comprendre le sens d'une critique, je crois au contraire qu'ils sont de plus en plus nombreux à manifester un goût certain pour la critique des politiciens qui voudraient leur faire prendre des vessies pour des lanternes. Ce qui me déplaît en revanche chez cet "écolo-qui-sait-tout", c'est le mépris qui affleure dans ses propos à l'encontre des citoyens ordinaires : il semble leur dénier le droit de posséder une conscience critique dont il croit, lui, voir l'apanage. Cette écologie élitiste et abstraite n'est pas la mienne. Elle est même incompatible avec l'idée que je me fais de l'écologie politique.

jeudi 11 décembre 2008

Buzz : et maintenant... la navette électrique !


J'ai déjà évoqué la stratégie de communication de la municipalité à Saint-Denis. Il faut reconnaître un certain talent au maire du chef lieu pour occuper le terrain médiatique en permanence. Après le buzz sur le pseudo Vélib' local (j'encourage quand même les Dionysiens à aller voir ce que c'est que le véritable Vélib') voilà la navette gadget. Une navette électrique de 6 places aux horaires restreints et apparemment modifiables pour aller de la ZAC Océan au parking République. Il y a plusieurs années que des navettes électriques de plus grande capacité (22 places à Bordeaux) fonctionnent dans plusieurs villes métropolitaines, certaines gratuites, d'autres au même tarif que celle lancée ici à grand renfort de publicité médiatique par la mairie ( 50 centimes). Mais cette dernière inspirée de la "diabline" (http://www.la-diabline.fr/ ) d'Aix en Provence est surtout un gadget et risque de le rester dans une ville dépourvue de tradition en matière de déplacements urbains doux. Sa petite capacité et la "philosophie" au nom de laquelle la mairie la met en circulation laisse dubitatif. Les navettes urbaines électriques de petite taille ou taille moyenne sont viables si elles ont une rotation à grande fréquence et des horaires assez étendus. Ce n'est pas le cas. Elles sont de toute façon toujours un complément à autre chose : elles sont articulées à une voirie adaptée, à l'extension des voies piétonnes, à la priorité donnée aux piétons et aux vélos ainsi qu'à une politique de restriction de l'usage de l'automobile. Ce n'est pas le cas, loin de là, de la ville de Saint-Denis. Pour lever les doutes, la mairie a un argument qui paraît de bon sens : c'est une expérimentation. A mon sens, en fait d'expérimentation, on a surtout droit à du bricolage. Mais il faut le reconnaître, nous sommes bien dans une phase de buzz assez réussie. Tant qu'on parle des vélos électriques et de la diabline, on ne parle pas des embouteillages, de la pollution et du règne sans partage de l'automobile dans la capitale.

jeudi 4 décembre 2008

Boulevard Nord souterrain = péage urbain


Titre du JIR le 4 décembre : "Pourquoi la Ville veut un boulevard Nord". Avec une nouvelle intervention de la mairie, en l'ocurrence Monique Orphé, pour tenter de justifier un projet dont les Dionysiens, exapérés par l'emprise de l'automobile sur leur ville, ne veulent pas. Nous avons déjà dit pourquoi cette idée est mauvaise et nous aurons l'occasion de développer nos arguments. Contentons nous d'affirmer pour le moment que cet ouvrage souterrain coûtera beaucoup plus que le chiffre annoncé : on remarque d'ailleurs que Monique Orphé relève le montant en annonçant au JIR non plus les 120 millions d'euros initiaux mais maintenant 180 millions. 180 millions, c'est selon nous nettement en dessous du coût réel et comme de toute façon la longueur de l'ouvrage impliquera des mesures strictes en matière de sécurité et de risque incendie, le coût d'exploitation en sera tellement élevé qu'il devra être confié en délégation de service public à une entreprise privée. On va donc droit vers une DSP pour le financement, la conception, la réalisation, l'entretien et l'exploitation du futur tunnel. Ce qui veut dire que ce sera le premier péage urbain de La Réunion. A titre de comparaison, les Marseillais payent 2,50 euros par jour en tarif plein pour emprunter le tunnel du Prado. Dans lequel, aux heures de pointe, il y a des ...embouteillages.

GERRI arrive....(parking de la Région)




La nuit tombe sur Parking city


mercredi 3 décembre 2008

Who killed the electric car ?


On peut voir sur dailymotion, ce film canadien (en version française) qui revient sur la tentative californienne, sabordée par les lobbies des constructeurs automobiles et des pétroliers, de convertir progressivement le parc automobile à la motorisation électrique. Une façon de découvrir la triste histoire de la EV1.
http://www.dailymotion.com/video/x3agq4_qui-a-tue-la-voiture-electrique-1_auto

lundi 1 décembre 2008

Autonomie énergétique


LES ARGUMENTS FOSSILES D’EDF

Dans son allocution devant les élus de l’outre-mer, à l’Élysée, le 27 novembre, le Président de la République a vanté la politique réunionnaise en matière d’énergies renouvelables puisque la part de celles-ci atteint 37 % dans la production électrique locale. Le Président omet de préciser qu’au début des années 80, 100 % de la consommation était couvert par une EnR, l’hydraulique. Pétrole et charbon ont grignoté puis dominé au point qu’aujourd’hui La Réunion est dépendante des importations de ressources fossiles. Le photovoltaïque et l’éolien peuvent-ils renverser cette tendance ?
Jusqu’ici les experts d’EDF expliquent doctement qu’on ne peut injecter plus de 30 % d’EnR intermittentes (photovoltaïque ou éolien sont des énergies intermittentes) dans le réseau électrique et ce, pour des raisons techniques. En conséquence, ils justifient la conservation de centrales thermiques alimentées au charbon ou au fuel afin de sécuriser disent-ils, la distribution. C’est dans ce cadre que la Préfecture et EDF défendent la construction d’une nouvelle centrale au fuel de 206 Mw au Port Est. Ce qui aurait comme conséquence de faire régresser la part des énergies renouvelables de 37 % à 30 %. Hélas pour nos experts, le projet de loi du Grenelle de l’environnement adopté en première lecture, préconise pour favoriser l’autonomie énergétique de l’outremer, d’augmenter cette part des énergies intermittentes à 50 % pour les DOM. Le dogme n’est en donc plus un !
L’Agence Régionale Energie Réunion (ARER) oppose à l’option « centrale au fuel », l’option 100 % CES (plan réunionnais 100 % Chauffe Eau Solaire). Une analyse comparative reposant sur des données chiffrées montre que l’option 100 % CES est équivalente en termes d’énergie produite, bénéficiaire en termes de coûts, en termes de création d’emplois et de bilan énergétique 1,5 millions de tonnes de CO2 émis en moins tous les dix ans).
L’idéologie conservatrice des grands groupes électriques repose sur une conception surannée du modèle énergétique qui a fait leur fortune mais n’a plus d’avenir à l’heure de l’épuisement des ressources. Le choix de la source d’énergie détermine les techniques d’extraction et de conversion de l’énergie auxquelles on est obligé d’avoir recours ainsi que le type d’infrastructures et d’entreprises nécessaires à la production et à la distribution. Le choix des ressources fossiles a déterminé un système centralisé avec de longues chaînes de distribution depuis l’extraction jusqu’à l’utilisation finale. Il en va différemment pour le système EnR, par exemple l’utilisation de l’énergie solaire pour la production d’électricité autonome et décentralisée n’exige plus de transports de combustibles.
EDF et les autres dinosaures du secteur électrique s’arque boutent sur le dogme de la nécessité de grandes centrales électriques conventionnelles alors que les EnR rendent caduc un tel système ainsi que le mode de pensée qui l’accompagne. Le problème du stockage de l’énergie solaire ou éolienne n’a rien d’insoluble techniquement, on ne saurait lui opposer le modèle de la structure mise en place pour les énergies conventionnelles. Le choix pour La Réunion est bien dans l’innovation, pas dans la persistance des schémas du passé, dans l’autonomie énergétique, pas dans l’accentuation de la dépendance.
On peut lire avec profit le petit bouquin de Herman Scheer qui s'applique à démonter le mode de pensée des grands groupes producteurs d'électricité incapables de comprendre la révolution des EnR.